le maire

100e anniversaire de l'Armistice de 1918

Discours prononcé le 11 novembre 2018

Monsieur le Député,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames, messieurs les élus, chers collègues,
Messieurs les anciens combattants, messieurs les porte drapeaux,
Mesdames, Messieurs les membres des associations patriotiques,
Mesdames, messieurs,
Chers concitoyens, chers amis,

Sur la ligne de Front, ce 11 novembre 1918, les combats sont encore rudes. Bien que l’Armistice ait été signé à 5h15 et doit entrer en vigueur à 11h, des affrontements ont encore lieu.
En Champagne, une brigade américaine perd des hommes dans un ultime combat. À 10h57, dans les Ardennes, un sergent s’écroule touché par une volée d’obus.
À 11h, sur toute la ligne de front, les clairons sonnent les premières notes du Cessez-le-feu. Et, alors, que le première note, un Sol, s’élève, c’est le chant des canons qui se tait, laissant place au silence des braves, laissant place au silence de la paix.

Doucement à travers toute la France, des volées de cloches se font entendre, le battant de celles-ci heurtent à toute volée la robe de cuivre pour annoncer la victoire, mais aussi pour célébrer ceux qui ne se relèveraient jamais de la boue des tranchées, de ceux qui porteraient à tout jamais dans leurs chairs et leurs âmes les blessures des combats.
La Guerre est finie, les alliés ont gagné.

Un siècle nous sépare de la fin de la Première Guerre mondiale, et pour autant ce conflit reste toujours aussi présent dans la mémoire collective, dans la mémoire des familles française, anglaise, Allemande et de tous les pays qui y ont participés.

Car cet affrontement fratricide, au-delà de son horreur, reste celui de bouleversements.

Technologique d’abord, durant les cinq années de combat, les cavaleries à cheval auront laissé place aux chars, les avions auront pris place dans le ciel et le soldat de 1918 n’était plus celui de 1914.
Economique aussi, en cinq ans, l’influence économique de l’Europe s’effaçait au profit du Nouveau-Monde, une perte dont le vieux continent aura du mal à se relever…
Cent après, alors que notre continent, depuis plus de 73 ans, n’a pas connu de conflit sur son sol, ce centenaire doit être un moment particulier.
Pour se souvenir tout d’abord de ceux qui auront souffert quatre ans durant dans les boues du Nord de la France, de ceux qui ne revinrent jamais.
De se souvenir que leur sacrifice ne fut pas inutile et que la victoire, notre victoire, posait les fondations d’un autre conflit dont nous savons tous qu’elles en furent les conséquences.

Jean-Jaurès disait qu’il ne fallait avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent, et avoir une confiance inébranlable pour l’avenir. Et n’est-ce pas cela le devoir de mémoire : tirer des leçons du passé pour construire un avenir de paix aux futurs générations.
En 1918, ils disaient tous « Plus jamais ça », les horreurs des combats appelaient forcément à la construction d’un monde nouveau, loin des charniers, du sang, des cris et de la mitraille. L’histoire leur donna tort…
Ce centenaire s’il doit rappeler ses millions de mort, doit aussi ne pas effacer combien la France a continué à payer le prix du sang. Car aujourd’hui, si nous devons nous souvenir de nos poilus, je ne veux pas oublier ceux qui auront tout perdu, durant la Seconde Guerre mondiale, en Indochine, en Algérie, mais aussi au Liban, en Irak, en Afghanistan ou aujourd’hui encore au Mali.
Si les conflits ne se déroulent plus aujourd’hui sur le sol de France, n’oublions qu’à cette heure même des soldats français sont engagés ailleurs à travers le monde pour défendre nos valeurs.
Ces mêmes valeurs qui furent celles de la jeunesse française de 1918. Elles sont, là, chevillées à nos âmes, enseignées par nos parents certes, mais surtout par nos professeurs : « Liberté, Egalité, Fraternité » et j’aime à rajouter Laïcité.

En 1914, les mobilisés étaient partis au combat portés par la volonté farouche de reconquérir l’Alsace et la Lorraine, une détermination instruite par le corps enseignant.

Un siècle après, alors que nous entendons parler ici et là des territoires perdus de la République, je voudrais avoir une pensée pour ces derniers qui, décennies après décennies, sont les passeurs des valeurs de notre république. Ne sont-ils pas encore les premiers soldats de notre République ?

Ainsi que le disait Charlez Péguy « [...] cette École Normale semblait un régiment inépuisable. Elle était comme un immense dépôt, gouvernemental, de jeunesse et de civisme. Le gouvernement de la République était chargé de nous fournir tant de sérieux… Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. »

Et aujourd’hui, le combat qu’il nous appartient de gagner est celui de l’éducation, celui qui permet à tous de réfléchir, de confronter nos idées et de refuser toutes les idéologies qui asservissent la femme et l’homme.
Notre combat, c’est que nos futures générations puissent agir en Français libres et éclairés.

J’ai la prétention de croire que l’éducation est le premier rempart contre la barbarie, contre la pensée unique, que l’éducation est la première arme qu’il nous est donné pour construire la paix.
A l’instar de Marguerite Yourcenar, je connais aussi la sottise, la violence et l’avidité qui animent certains hommes, ces défauts qui auront mené des millions d’hommes à s’entre-tuer dans des combats fratricides dans une guerre dont l’origine même est aujourd’hui oubliée du plus grand nombre.

Alors qu’il n’existe plus de témoins directs de cette guerre, que les derniers poilus ont disparu, que reste-t-il ? Le souvenir d’une grande boucherie, des combats vains, de vies et de familles brisées.

C’est aussi de cela dont il faut nous souvenir et qu’il faut commémorer. Nous rappeler que plus de 18 millions d’être humain périrent au nom de leurs pays dans un conflit dont nos ancêtres de 1918 avaient, après plus de quatre ans de combats, oubliés les raisons même qui avaient poussés à ce choc mondial.

Je ne saurais conclure ce discours sans avoir une pensée émue pour celui qui forgea la victoire, Georges Clémenceau. Ce dernier, le 14 juillet 1919 définissait certainement les raisons pour lesquelles nous devons commémorer la mémoire de ceux qui auront péri pour la France : « En définitive, les victimes de guerre sont mortes pour rien. Seulement, elles sont mortes pour nous ».

Elles sont mortes pour défendre un pays, leur pays, notre pays. Leur sacrifice a-t-il été vain ? Il ne m’appartient pas d’en juger, ni de refaire l’histoire, je n’en ai pas la prétention et je laisse aux spécialistes le soin de le faire, mais je sais que nous sommes les dépositaires de leurs sacrifices, et que nous avons le devoir de porter l’héritage de sang qu’ils nous ont légué : la liberté et la paix…

Vive la Paix,
Vive l’Europe,
Vive la France,
Vive Viry-Chatillon !

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